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Sire Cedric
DarkArt: Quand as-tu commencé à écrire et comment l'envie t’est-elle venue ? Sire Cedric: J’ai commencé à écrire vers l’âge de dix ans, après la lecture du Seigneur des Anneaux que j’avais dévoré en quelques jours. Je m’étais pris une telle claque avec cet ouvrage, je n’avais jamais rien vécu de semblable ! C’est avec ce livre que j’ai réalisé pour la première fois que la littérature, c’est une forme de magie. Que ça peut changer notre vie.
DarkArt: Qu'est-ce qui t’inspire le plus lorsque tu écris ? Sire Cedric: Quand j’y réfléchis, aujourd’hui comme quand j’avais dix ans, c’est pareil. Ce qui me pousse à écrire, c’est la sensation de plaisir, d’exaltation, et rien d’autre. Cette fabuleuse euphorie de savoir qu’on a le DROIT de faire ça. De briser les règles, d’ouvrir son cœur pour le regarder palpiter. De s’y perdre tout entier pour enfin se retrouver.
DarkArt: Je sais que beaucoup d'auteurs écrivent en écoutant de la musique, est-ce ton cas ? Sire Cedric: Oui, je suis un intoxiqué de musique ! Ma stéréo fonctionne du matin au soir. C’est pour cette raison que je mentionne très souvent la « bande son » qui a accompagné mon écriture. Des petits clins d’oeils personnels en forme de remerciements. Alors que je réponds à cette interview, c’est la bande originale de la série Twin Peaks qui tourne, par exemple.
DarkArt: Fais-tu souvent des recherches lorsque tu écris ou inventes-tu tout ? Sire Cedric: Jusqu’ici, j’avoue n’avoir jamais effectué de véritables recherches. Je laisse mes histoires se dérouler comme bon leur semble, en puisant dans des éléments que je connais, des endroits où je suis allé. Quand arrive le stade de la relecture et des corrections, je vérifie bien entendu le moindre détail, car je suis un grand maniaque à ce sujet, et c’est aussi une partie du travail que j’adore, cela me permet d’apprendre de nouvelles choses au passage. Mais pour l’instant, je n’ai encore jamais fait la démarche de vraiment amasser une documentation fournie, en amont, avant de me mettre à écrire une histoire. Cela fait partie des choses qu’il faut que j’essaie prochainement, pour voir ce que cela donne. L’écriture est en cela un domaine merveilleux, car il y a toujours de nouvelles choses excitantes à essayer.
DarkArt: Peux-tu nous parler de ton nouveau livre qui sort ce mois-ci? Quel va en être l’univers principal et de quoi t'es-tu inspiré ? Sire Cedric: Je suis ravi d’annoncer la parution de Dreamworld, car c’est un ouvrage très important à mes yeux, et le meilleur de ce que j’ai écrit à ce jour. Niveau univers général, on reste dans le même que celui de mes précédents livres, on retrouve certains personnages, comme Christian (qui était déjà présent dans Déchirures et Angemort). Même univers, et mêmes obsessions personnelles (encore plus exacerbées, d’ailleurs, dans ces textes) mais pas du tout la même façon de les présenter. Cette fois on quitte la littérature horrifique, le rouge et le noir. Je me suis éloigné des codes de genre, j’ai essayé d’approcher le bleu, le blanc, l’âme humaine, le monde des rêves, et l’air de rien glisser vers la littérature générale, danser avec la poésie, se laisser embrasser par les dieux. C’est ça, Dreamworld, pour moi.
DarkArt: Tu dis que c’est ton meilleur livre, peux-tu nous préciser pourquoi ? Sire Cedric: D’une part, les neuf histoires qui composent Dreamworld sont les plus personnelles que j’ai jamais faites. Elles s’abreuvent à la source des thèmes les plus chers à mon cœur, comme cette part d’enfance qui demeure en nous tel un éclat de lumière, ou plus généralement le fait que la magie existe tant qu’on croit en elle, et que dès l’instant où on cesse de le faire, celle-ci s’éteint bel et bien. On appelle ça grandir il paraît. J’appelle ça fermer les yeux. C’est donc un livre très personnel de ce point de vue là, mais aussi plus profond, plus travaillé, et bien plus écrit. Résolument exalté, aussi. Oui, je crois que c’est comme ça que je le vois avant tout, c’est un livre exalté.
DarkArt: As-tu déjà un autre projet de roman ? Sire Cedric: Oui. Un petit quelque chose assez violent et bizarre, qui se classe dans le polar.
DarkArt: Je sais que tu fais également de la musique, est-ce que c'est toi qui écris les textes pour ton groupe Angelizer ? Et si oui y a-t-il un lien entre tes romans et les paroles de vos morceaux (façon d'écrire, sujets...) ? Sire Cedric: Dire que je « fais » de la musique et un bien grand mot. Comme je le dis toujours, mon rôle dans Angelizer se résume à hurler dans un micro et à secouer la tête. (Rires.) J’ai surtout la chance d’avoir des amis musiciens surdoués. Ce sont eux qui composent cette fabuleuse musique, et qui font tout l’intérêt du groupe. Quant à moi, je me charge bien entendu d’écrire les paroles, mais celles-ci sont très personnelles et passablement cryptiques. Le texte de « Poison Dreams » évoque l’addiction à quelqu’un, « Sex, Blood and Cocaïne » parle… de lui-même. C’est de la catharsis pure et simple. Je crois que la différence principale avec mon travail de romancier, c’est que les livres sont destinés à raconter une histoire. La musique relève davantage des sensations pures, de cette énergie sauvage et immédiate qui gronde dans notre poitrine et cherche à exploser, à rayonner. Les deux formes d’art sont complémentaires, en ce qui me concerne.
DarkArt: Des projets pour l'avenir ? Sire Cedric: Toujours. (Rires) Puisqu’on en parle, un premier CD avec Angelizer, qui devrait sortir d’ici la fin de l’année. Pour le reste, je suis superstitieux. J’attends surtout que Dreamworld soit disponible en librairies, début octobre. Ce livre étant tout de même assez différent de mes précédents, je suis très, très curieux de voir les premières réactions des lecteurs !
DarkArt: Un mot pour nos lecteurs ? Sire Cedric: Je les salue tous bien amicalement ! Quant à toi Melliarine, je te remercie pour tes sympathiques questions !
Sire Cédric, le 07 septembre 2007 Bande son : Angelo Badalamenti & David Lynch, Music from Twin Peaks
Article par Melliarine.
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